Il y avait dans sa personne un petit quelque chose de différent. C'est peut être son coté fragile ou au contraire sa petite dégaine rebelle. De plus, c'était une virtuose du violon. Et ouais, c'est pas tout de connaitre les notes, les accords et tout... il faut réussir déjà entretenir une relation particulière avec son instrument. Elle, elle y arrivait. Elle l'aimait son con de violon. Faut dire qu'il était beau gosse, et pis, quand elle le glissait dans le creux de son cou, on aurait dit une ½uvre d'art. Mieux que Dali, Picasso, Monet, et De Vinci réunit. Oui, elle ne faisait qu'un avec lui.
Elle n'a jamais fait un avec personne d'autre.
Même pas avec moi.
Quoi qu'il en soit, elle me regardait souvent avec un petit air de malheureuse. Moi, ça m'touchait. Forcement. Enfin, ca m'attendrissait. Alors, je lui souriais et pis elle me fredonnait des petits airs de chansons d'amour anglaises. Des classiques anglais que je ne connaissais pas. Mais elle, elle ne connaissait pas les classiques français. Alors, on était là comme des cons. Chacun dans sa version originale. Elle avec son petit accent British, et moi avec ma gueule de con. Mais voilà, on s'aimait en V.O., et à l'époque, j'aimais ça.
Alors, évidemment, elle n'était pas sous le charme dès le début. Les trucs dans les films où la nana elle tombe éperdument amoureux au premier regard, c'est de la connerie ça. Non, non... Les dames, faut savoir les séduire. Et moi je sais. Enfin, je savais.
Bref, après quelques semaines de séduction intense, elle était là, dans mon lit, dans mes bras. Et puis, au bout de quelques mois, elle commençait à me lasser.




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